L’auteur

Au moment où j’écris ce texte, cela fait 5 ans que je voyage. Voyager pendant 5 ans. Ça choque certaines personnes. Mais être assis dans un bureau et obéir au même patron pendant 50 ans, ça ne choque pas, c’est normal et même un idéal de vie pour certains. De mon point de vue, le bureau n’est pas loin du bourreau.

J’ai passé quelques années aux côtés du bourreau. Je passais d’une structure à une autre depuis l’enfance (famille, école, travail…), j’étais inséré dans ce que la société ose appeler « vie active ». Cette société normalisée, où il n’y a aucune place pour l’aventure, le mystère, le risque… où tout doit être contrôlé et rationalisé. Mais il manquait quelque chose…

Lorsque je suis parti voyager, tous ces schémas, ces normes disparaissaient. Je n’étais plus sur une route toute tracée mais face à une prairie, et il ne tenait qu’à moi de choisir une direction. Je crois que c’est ça le point le plus important du voyage, se retrouver face au vide, à l’inconnu. Et commencer petit à petit à sortir de sa zone de confort, à se libérer de ses héritages du passé et du rôle que l’on s’est crée.

« Les humains se creusent une petite mare à l’écart du courant rapide de la vie, et dans cette petite mare, ils stagnent et ils meurent et c’est cette stagnation, cette déchéance qu’on appelle l’existence. » Jiddu Krishnamurti

© photo : Munda Biddi track, Australie occidentale.